24 novembre 2008
La tangente
S'imaginer sans toi, c'est courtiser les rêves
Aveugles, sans odeur, indispensables trêves ;
S'imaginer sans toi, c'est un souffle aboli
Déposé sur le seuil de la mélancolie.
S'amouracher de toi, c'est dresser la potance
Pour se rompre le cou, traîner sa pénitence ;
S'amouracher de toi, c'est écrire un recueil
Où les mots batailleurs choisissent leur cercueil.
S'atomiser sans toi, c'est fuir les impulsions
D'un coeur dont le magma freine les convulsions ;
S'atomiser sans toi, c'est doser l'explosif
Dont la charge s'adapte aux élans corrosifs.
S'exorciser de toi, c'est prendre une tangente
Que la haine nourrit et l'amour diligente ;
S'exorciser de toi, c'est se rendre amnésique
Des fausses partitions composant ta musique.
S'éterniser sans toi, c'est éteindre un sourire
Que les regards sans joie sur la mer voient mourir ;
S'éterniser sans toi, c'est momifier l'ardeur
D'une virilité et de son impudeur.
08 avril 2008
La peau d'épice
J'ai rencontré Marie un dimanche en septembre,
A l'heure où le café trempe les croissants chauds
Et les oiseaux de nuit fatigués se démembrent
Après avoir sué sur des coeurs d'artichauts.
J'ai frôlé son sourire et sa boite à malice
Dans la chaude moiteur d'un jogging matinal ;
Son petit gabarit, sa jolie peau d'épice
Imprimant dans mes yeux leur touche originale.
J'ai prononcé trois mots, interpellé ses sens,
Chair de nuque tannée et transpirant beaucoup.
Tandis que dans mon short pointait une excroissance,
Son lumineux regard examinait mon cou.
Je savoure depuis son bouquet d'aromates
Quand elle est éruptive et que son bassin tangue
A imprimer mes nuits en gestes d'automate
Pour éteindre son feu, jusqu'à brûler ma langue.
Souffrant de n'être pas son horizon unique,
J'ai offert mon épaule en fiduèle soutien,
Les paumes de mes mains lui servant de tunique.
Je n'en dirai pas plus ; le reste m'appartient.

